20/08/2014

Transpékin, , retour des semaines de silence.

Retours sur nos semaines passées, article 1 : Le Kirghistan ( ou Kirghisie)




Je pensais rencontrer des difficultés pour trouver des connexions internet avant la Chine mais je n’avais pas réalisé que Google et donc le blog serait aussi inaccessibles depuis l’Empire du Milieu… Quelle galère ! Alors je vais rattraper notre retard maintenant que je suis en Mongolie, et vous faire profiter de nos plus beaux moments.
Bienvenue a Osh



 

Bon nous vous avions laissé à Samarkand étape hautement symbolique de la Route de la Soie.
Depuis nous  avons traversé la Kirghisie et si j ‘ose dire après la culture, la nature. Mais la Nature avec un N majuscule. 
Le marché de Osh
De Osh à la Torugart pass frontière chinoise à plus de 3400m d’altitude, notre périple nous a conduit à la rencontre des éleveurs de chevaux et de bétail qui vivent en alpage de juin à fin septembre, après la neige recouvre les hauts plateaux et ils quittent leur yourtes pour redescendre à des hauteurs plus raisonnables.
Jolie rencontre avec Ana et sa maman en train de barater
le lait de jument dans leur yourte 
 Ils élèvent les chevaux, comme nous les vaches pour la production laitière, qu’ils transforment en crème, fromage et lait caillé. Le lait de jument caillé est la boisson nationale. Nous y avons gouté mais  dire que nous avons aimé serait abusé. Une odeur forte, une saveur acide, légèrement pétillante. Bref  c’est spécial et à moins d’avoir une âme de gladiateur et un intestin en béton armé, mieux vaut être prudent. D’autant que les bivouacs étaient à 3000m et la température frôle le 0°. Certain compagnons de route s’en souviennent encore. Nous avons même eu un peu pluie neigeuse. L’occasion de mettre notre chauffage dans le 4x4 et nous avons finalement eu beaucoup plus chaud que les équipages qui avaient choisis de dormir dans les yourtes, plus typique certes mais bon… Là encore la barrière de la langue n’est pas un problème, et nous sommes une curiosité ambulante. C’est assez magique de rouler dans d’immenses espaces entourés de troupeaux de chevaux en liberté, de franchir des cols de montagne sur des pistes sinueuses sur lesquelles nous croisons des voitures «  de tourisme » ( pour la plupart des Audi 100 hors d’âge) et des camions au chargement improbable. 
Premier étape l'âne, mais il monte aussi à cheval !
En fait nombre de ces camions font de la contrebande et choisissent ces pistes pour acheminer parfois drogues ou armes mais le plus souvent du bétail entre Osh et Bishkek (la capitale) sans payer de taxe. Ils sont parfois à court de carburant et quémandent une bouteille de gazoil pour arriver à destination.
C’est sur ces pistes que nous avons aussi croisés des voyageurs encore plus fous que nous : à vélo !! Oui oui des suisses, des allemands, des français partis de Pau en mars et qui pensent rallier Singapour en mars prochain. Ils grimpent les pistes caillouteuses et très pentues, ils transportent leur équipement et sont tout contents de croiser d’autres voyageurs dans des endroits aussi isolés et peu communs. Moi, je les admire…

Quand notre chameau, il tient la forme et la fraicheur de l’altitude lui convient parfaitement. Xtian prend grand soin de lui pour qu’il nous amène au bout de notre voyage sans encombres.

Je vous parlerai demain du Xinjiang...






La Chine de l’Ouest : traversée du Xinjiang

THE frontière
Nous nous attendions à un passage de frontière très long et laborieux à la Torugart Pass, une frontière spectaculaire mais très reculée entre le Kirghistan et la région autonome du Xinjiang. A plus de 3400m d’altitude elle n’est le plus souvent fréquentée que par des convois de camions chargés de containers de 40 pieds mais à la mécanique et au système de freinage totalement improbables. Nous sommes donc partis très tôt mais finalement tout s’est déroulé comme sur des roulettes et nous étions à Kashgar à 19h. Nous avions camouflés VHF et produits frais mais les douaniers n’ont fouillés que les 4 premiers véhicules. Voyant la longueur de la file, ils ont ouverts les barrières et nous ont envoyé directement aux services de l’immigration.  Ouf ! Certains voyageurs ont parfois droit à un démontage en règle du véhicule et fouille méticuleuse des livres, ordinateurs et appareils photos. Ensuite les véhicules sont passés sous un minuscule jet de désinfectant car la grippe aviaire sévit à nouveau dans cette région de Chine. Nous avons eu même droit à une prise de température frontale pour s’assurer que nous étions sains.  Quelques heures encore et nous étions enfin sur le territoire chinois.
De nombreux incidents ont récemment eu lieu dans cette région (des attentats sanglants à Urumqi et une répression qui l’a été tout autant) qui réclame encore plus d’autonomie vis à vis du régime de Pékin. Peuplés majoritairement de ouïgours, de confession musulmane, il y a de nombreux mouvements fondamentalistes et tant physiquement que culturellement les ouïgours sont plus proche des peuples d’Asie Centrale que de la Chine de l’Est. Ceci expliquant cela, notre séjour a été un peu perturbé car les autorités
Kashgar Bazaar
Le luthier joue pour nous...
souhaitent contrôler nos déplacements : changement d’hôtel à Kashgar (le notre était trop central sur la place où revendiquent les manifestants), annulation de bivouacs car ils préfèrent nous avoir sous les yeux, interdiction en cours de route de faire la piste frontalière (conséquence : demi tour de 80km pour faire un nationale sans intérêt et payante). Et je ne vous ai pas encore parlé de la sortie du territoire vers la Mongolie, le clou du spectacle. Autant dire que les autorités chinoises ne sont pas accueillantes et qu’elles ne m’ont pas donnés envie de faire la promotion touristique du pays.


Il y a du pain dans la cuisine ouïgour...
Il faut par ailleurs dire  que c’est une étape critique car nous sortons de la Kirghisie sauvage et grandiose et que nous attendons tous avec impatience la Mongolie. Alors se retrouver dans une zone à nouveau très peuplée, polluée, urbanisée et sous surveillance, ça fait beaucoup.
Cependant en toute objectivité notre périple nous as mené de Kashgar à Aksu, Kachi, Urumqi et vers le Qinhe pour la Mongolie au travers de très belles pistes Nous avons longé le désert du Taklamakan et traverser des hauts plateaux  de la chaîne des Montagnes Célestes à plus de 3000M, bivouaqué dans le désert de Gobi. 







Une impression d’immensité mais jamais d’isolement, ni de pureté. Beaucoup de touristes locaux qui se prennent en photos en haut de chaque col, mais lavent les voitures dans les cascades et les torrents et laissent leurs poubelles sur les bords de route.  Personnellement se faire prendre en photo les pieds dans les poubelles c’est pas notre truc, mais bon… 


Quand aux camions, nous tremblons un peu dans les cols car les pistes sont très étroites et ils rejouent 
« Le Salaire de la peur 2 » à bord de leur bahut de plus de 40T chargés de cailloux, de charbon ou de lingots d’acier. Parfois l’accident arrive en témoignent quelques carcasses qui gisent en bas des précipices.  Mais ils continuent de faires les porteurs des temps modernes avec femme et enfant à bord parfois. Ils sourient quand on les salut en poursuivant leur ascension ou leur descente à 6km/h. Je crois que vu du ciel les pistes et routes chinoises doivent ressembler à des longs chapelets de camions qui font un incessant ballets avec des destinations incertaines.
Kachi
En Chine, Il y a du monde partout (Aksu + 2M d’habitants, Urumqi + 6M ) et chaque ville est un chantier à ciel ouvert. En arrivant à Urumqi, on aurait dit qu’il y avait eu la guerre, rues éventrées, banlieue délabrées,  engins de chantiers qui bloquent les voies de circulations, poussière opaque, bruit assourdissant… nous entrions en enfer. Quand on sait qu’Urumqi était une étape stratégique de la Route de la Soie et que son nom signifie «  Beau pâturage ». Croyez moi le vert n’est pas la couleur dominante mêmesi elle est la ville la plus éloignée de la mer au monde.  

Urumqi
Nous en avons cependant profité pour visiter un peu et nous occuper du chameau qui assume vaillamment la route et à part un pneu crevé à Kashgar, tout va bien !

Claudine montre ses photos... éclats de rire
Nous avons terminé notre traversé par un bivouac en bordure de rivière qui nous a valu la visite de tout les paysans alentours. Il n’est apparemment pas courant chez eux de se baigner dans les rivières… c’est pourtant tellement bon quand on est crépi de poussière après une journée de route.
La sortie du territoire chinois devait être une simple formalité… bilan arrivée à la douane à 8 heure du matin, nous sommes arrivés en Mongolie à 19h.  Un calvaire d’administration, de procédures, d’ordres, de contre-ordres, d’attentisme quand le chef n’est pas là. Si bien qu’à 11h du matin alors que nous attendions parqués sur un parking de l’administration douanière sans savoir pourquoi ni ce qui devait se passer, une vague de rébellion s’est levée. Nous avons bloqué la douane et fait hurlé les klaxons. Plus aucun véhicule, ni voiture ni camion ne pouvait entrer ou sortir. Oh, miracle dans les 10 minutes les barrières se sont ouvertes et nous partions vers le poste frontière… dont les équipes partaient déjeuner. Résultat frontière fermée jusque vers 16h. Que faire ? Rien. Attendre en déjeunant sur la route, en piquant le tuyaux d’eau pour laver les voitures et remplir les réservoirs, en jouant aux cartes. Bref un journée perdue, qui contribue à faire monter la tension, à faire croitre notre rancœur contre l’administration chinois mais qui finalement fait aussi partie du voyage. Une école de patience.
A la queue leu leu...
Au final nous avons du déplacer le bivouac du soir car il était prévue à plus de 200km après la frontière mais nous sommes heureux de nous retrouver au milieu du massif de l’Altaï.

On croise les doigts pour que le passage en Chine de l’Est se déroule plus facilement mais… pour l’instant goutons le plaisir de la Mongolie.

02/08/2014

Samarkand,

« Samarkand, la plus belle face que la Terre ait jamais tournée vers le soleil » 
Omar Khayyam.


C’est avec ces mots en têtes que je suis arrivée dans cette ville mythique, espérant y retrouver quelques siècles plus tard l’atmosphère et les merveilles décrites dans le livre éponyme d’Amin Maalouf. Une ville « moderne », pleine de jardins fleuris et d’arbres soigneusement taillés, de fontaines et de madrassas bleu outremer.

Je ne suis pas déçue, même si les boutiques à souvenirs « made in China » ont remplacés les caravaniers chargés des soieries venant de l’Empire du Milieu. Il règne dans le centre ville une certaine douceur de vivre. Les passants arpentent la place du Registon, dégustant des glaces à l’ombre des arbres, l’eau des fontaines, partout présente, rafraichie l’air et mausolées, mosquées et madrassas rivalisent de beautés. Portes, minarets et coupoles ont été soigneusement restaurés et les  mosaïques bleu et turquoises nous laissent bouche bée. 
Place du Regiton


Les tombeaux des Rois vivants, un ensemble de Mausolées tous plus beaux les uns que les autres.




Une surprise, cependant nous nous attendions a un centre ville ancien, une sorte de médina fortifiés telle que nous l’avions vu à Khiva, mais ici la ville « moderne » est partout et il faut prendre des risques pour traverser les larges avenues où circulent sans vraiment de règles des véhicules datant de l’ère soviétique.
Car c’est aussi ça Samarkand, des  bâtiments datant de l’époque soviétique laissés dans leur jus, des ruelles bordées de maisons en briquettes de terre et des immenses boulevards grouillants de Lada et minibus Daewoo.

Samarkand, c'est aussi ça !


Remplissage des réservoirs avec du gasoil
acheté au marché noir à des russes...
Cette journée et demi de repos a vraiment été la bienvenue, pour nous et pour nos montures, qui ont toutes bénéficier d’une revue des boulons et des niveaux avant d’affronter la 2ème partie du voyage. Toutes sont revenus dans la course, et nous espérons tous passés la frontière Kirghize, puis chinoise. Les nouvelles sont un peu préoccupantes car des affrontements ayant eu lieu récemment dans le Xinjiang, autorités chinoises sont encore plus pointilleuses et nous nous attendons à des longues heures, voire journée d’attente et de fouille.
Mais pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là, nous venons d’entrer en Kirghizie (dénomination russe) ou au Kirghizstan. C’est l’aboutissement d’une longue journée de 700km de route, et de quelques heures de passages de frontière. Pas de bol l’ordinateur du douanier ne fonctionnait pas lors de notre arrivée et il nous a fallu attendre un peu, ce qui a générer une grosse bousculade pour ne pas se faire déborder par les camionneurs russes et les locaux. Mais Christian as su se positionner stratégiquement dans la file d’attente et plaisanter avec le militaire, nous avons pu limiter les dégâts.

C’est donc de Osh que je rédige ce billet qui sera sans doute le dernier avant l’arrivée en Chine car dans les jours à venir, nous serons en bivouac.

Petit alinéa gastronomique et oenologique : la nourriture est savoureuse et nous prenons plaisir à manger sur les marchés ou dans les gargottes locales des salades, raviolis farcis à la viande et aux oignons, brochettes, poulet frit mais question vin, on a testé et mieux vaut coller aux habitudes locales : bière et surtout vodka. Pour cette dernière nous allons bientôt pouvoir faire un comparatif entre les marques turkmènes, ouzbeks, kirghizes et mongoles. C'est un alcool très peu cher ( environ 4 euros la bouteille), ce qui explique sans doute pourquoi elle est servie à la place de l'eau à chaque repas ( y compris à 9h30 du matin avec la soupe du petit déjeuner pour les locaux).
Raviolis boeuf oignons avec sauce yogurt
sur le marché de Samarkand

Ca, c'était avant de le gouter... version rouge ou blanc, c'est le meme jus.

Boulanger fabricant ses "Nan" (pain), absolument
délicieux au sortir du four, une vrai gourmandise.

Bisous à tous !