06/02/2015

En direct du pays de l’or vert.

On vous avait quitté les doigts de pied en éventail au bord de l’eau, on vous retrouve à Quito au pays de l’or vert, c’est à dire de la banane.
Jamais passage de frontière n’a été aussi tranché. Un changement radical… du sable doré aux bananerais, du désert de pierre aux forêts humides. Un passage de frontière qui se fait sans encombre, à notre grand soulagement car nous n’étions pas surs de pouvoir être dispenser d’un carnet de passage en douane pour la voiture. Les sites  internet étaient plutôt contradictoires et sans ce sésame nous aurions du rebrousser chemin pour contourner l’Equateur, voire même changer radicalement de parcours et oublier Amérique centrale et Amérique du Nord. Bref un grand ouf quand à la douane, nous avons tout simplement remplis les papiers habituels et obtenu en échange le document d’importation temporaire. Reste la fameuse assurance SOAT obligatoire. Après 3 requêtes et un certan nombre d’aller retour on finit par comprendre que le gouvernement vient d’en suspendre la vente pour l’intégrer dans le certificat d’immatriculation… et on fait comment quand on est un véhicule étranger ? Ben, Bah… on fait sans. De toute manière la police est au courant alors si on se fait arrêter, pas grave. En attendant on fera attention. Fin du chapitre assurance, on passera quand même la nuit à Machala , puisqu’on y est.  Impossible de bivouaquer dans cette ville industrieuse et sans charme. On trouve un hôtel décors façon mémé années 50 et on se met en quête d’un endroit pour manger. Après une heure de marche en ville on oublie l’idée même de restaurant et on se rabat sur un « Pollo con arroz » dans un sorte de fast food local.
Menu complet avec soupe, ¼ poulet, riz, banane plantain, soda et jelly en dessert : 3$ par personne. Ca va, c’est pas la ruine et c’est finalement le cout de tous nos « almuerzo » c’est à dire de nos déjeuners dans des gargotes où  tous les locaux vont manger le midi. Composé d’une soupe avec généralement une patate, des brisures de riz et un morceau de viande, suivi d’un plat de poulet (dans 90% des cas) avec riz et banane plantain, voire du maïs blanc et d’un dessert genre pêche au sirop ou jelly avec un jus de fruit frais ( mangue, goyave, ananas, papaye…). Les équatoriens se ruent dans ces restaurants et franchement après un almuerzo on n’a plus faim… jusqu’au lendemain. Je suis d’accord que question diététique c’est pas le pied mais pour tout dire même si vous prenez les spaghettis en plat principal, les pâtes sont servies avec du riz et des bananes plantain. C’est imparable, le riz est présent à tous les repas, pire qu’au Vietnam. L’Equateur cultive un peu le riz  mais le gros de sa production agricole se centre autour du maïs, de la patate, de la banane bien sur (plantain et autres) et du CACAO… à cote de ça du manioc et des arachides. En fait le pays bénéficie de 3 climats distincts, la côte, la sierra (les Andes) et l’Oriente (l’Amazonie). Tout ce qu’il faut pour disposer aussi bien de patates, que de fraises, de cerise ou de papayes.
Et voici le roi cacao !
Ce sont des papayes...
Ramassage des papayes... à la perche 
Quand je disais or vert...
Mandarines -citrons : aussi acides que le citron

On commence par traverser la Sierra et visiter Cuenca. Une magnifique petite ville coloniale et par dessus tout c’est la que sont fabriqués les chapeaux de paille  que l’on appelle « Panama ». Et oui, en fait le Panama n’est pas fabriqué à Panama ce sont les ouvriers qui travaillaient au canal qui le portaient et l’on rendu célèbre mais rendons à César ce qui lui appartient. Le Panama est équatorien et ils en sont fiers.


façades coloniales...
Marché aux fleurs... l'Equateur produit beaucoup de fleurs dans la Sierra du nord

Il y a aussi du street art...
Eglise de Banos, à cote de Cuenca

On e se refait pas... j'adore le street art

 Dernière main à mon Panama à moi...

Pour la suite on a décidé de zapper la côte, on va donc remonter le pays « au bord » de l’Amazonie. Je dis au bord car il est illusoire d’imaginer plonger en voiture au cœur des forêts amazoniennes, il  a plus de rivières et de fleuves que de routes. Certes avec des ponts suspendus mais pas toujours assez larges ni assez hauts pour le Chameau. Nous en avons fait plusieurs fois l’expérience, obligés de parcourir des dizaines de kilomètres supplémentaires pour traverser  car le pont est seulement piéton ... voire de faire marche arrière sur un pont dont un IPN limitait la sortie à 2,20 m.  Evidemment nous ne l’avons vu qu’en arrivant dessus. On a bien essayé de dégonfler les pneus à 0.7 bar et creuser un peu pour gagner les quelques centimètres manquant à la sortie mais non… le Lion ( qui a le vertige) a du faire marche arrière sur les 70m du pont suspendu en bois bien branlant, franchement haut et sans garde fou sur latéral. Le tout, sous le regard amusé de locaux, contraints d’attendre que nous soyons sortis de ce mauvais pas pour passer.  Quand aux passages à gué, le dernier que nous avons voulus prendre était squatté par des rafteurs. On était moins bien équipé qu’eux question rame, alors on a rebroussé chemin.
Les animaux sauvages de l'Oriente...

Comme c'est "un peu humide"... la garde robe est dehors en permanence

Pas mal les pistes...


et oui quand je disais qu'on avait essayé de creuser.


bon ils sont peut être solide mais on sait jamais...


ET oui nous n'avions pas vu la barre...


C'est où la piste?
   
Ah oui j’ai oublié de préciser, le tout… sous la pluie car le climat d’été en forêt équatoriale c'est quand il ne pleut que 10 heures par jour mais de la pluie chaude. A chacun son été… nous on aurait préféré du soleil mais finalement de la pluie de 2 h du matin à 2 heures de l’après midi, on s’y fait. Au moins quand on trouve un coin de bivouac en fin de journée on peut prendre un verre dehors. De toute manière la pluie fait tellement partie de la vie quotidienne que les locaux ne semblent pas la sentir, ou alors ils l’ignorent ou elle ne les mouillent pas. Je ne sais pas encore… Les équatoriens d’Amazonie évoluent en T Shirt et short, à pieds ou en motos sous le soleil ou la pluie battante de manière égale. Les beaux oiseaux ne mouillent pas, dit-on.

par contre nous, on s'adapte...
La plupart du temps nous nous arrêtons au bord d’une rivière  à l’extérieur d’un village communautaire. On demande l’autorisation et c’est sans problème. C’est ainsi que nous avons rencontré Edwin et Janie. Deux gamins d’une douzaine d’année (le frère et la sœur) dont visiblement nous occupons la salle de bain. Avec une température constante entre 20 et 24°, ils se lavent dans la rivière tous les jours. Ils sont tellement intrigués de nous voir et de voir le chameau qu’il vont passer un bon moment avec nous. On sort l’ordinateur et on leur montre les photos de notre voyage. Janie est bien plus intéressée par l’ordinateur lui même que par les photos. Sauf quand on lui montre baleines, pingouins, chameaux. Le lendemain nous passerons la soirée avec « Miss Ecuador » Ne vous méprenez pas… nous n’avons pas rencontré la plus belle femme du pays ( Le Lion aurait aimé mais bon…) mais nous avons squatté un champ dans un village appelé « Miss Ecuador ». A côté la maison d’une mamie qui vit là et à qui nous demandons l’autorisation de rester. Sans problème, elle passera la soirée avec nous à boire du pisco et à manger des cacahuètes. Le lendemain matin, on a tout juste un oeil ouvert qu’elle est là. Sans doute nous guettait elle. On boit le café ensemble en mangeant les œufs de ses poules qu’elle nous a offert. Une heure plus tard on s’en va avec 4 kilos de manioc, des bananes plantains, et 5 kilos  de « mandarines-citrons » pour faire de la limonade. On va devoir investir dans un presse-agrume. Les équatoriens sont vraiment sympas et toujours prêts à discuter. Nous on est ravis même si j’écoute plus que je ne parle. C’est un bon moyen de progresser en espagnol, il paraît qu’on me comprend, c’est le principal. Même le lion comprend maintenant ce qui se dit et essaye de participer en « espagnolo facilo  »

quand on arrive les enfants sont toujours les premiers à venir... un peu timides quand même

Ceci est un chiva... le moyen de transport le plus répandu dans l'Oriente

Et voilà Miss Ecuador
 

Le linge sèche...
Sur la réserve... on ne sait jamais

Pipes pétroliers en Amazonie
Sur les conseils de Miss Ecuador on ne fera qu’un passage éclair à Lago Agrio. La ville n’est pas sure. C’est une ville frontalière avec l’Amazonie colombienne et c’est aussi le cœur de l’exploitation pétrolière de l’Equateur qui en tire des revenus conséquents bien que controversés. En effet les puits grignotent la forêt amazonienne et réduisent les territoires des indiens à peau de chagrin. Le gouvernement a pris des mesures pour limiter les dégâts. Certains territoires sont maintenant transformés en réserves, voire en sanctuaire. Et certaines communautés indiennes refusent tout contact avec le monde extérieur. Pour d’autres, elles limitent les visitent encadrées dans un tour avec un guide local. Bizarre… j’ai vraiment du mail à considérer les communautés indiennes comme des espèces en voie de disparition que l’on visite comme au zoo, moyennant finance. Nous prendrons le parti de ne pas entrer dans ce jeu là, et de toute manières ces communautés là ne sont accessibles qu’après un voyage en pirogue à l’intérieur de la forêt.  Par contre la forêt amazonienne c’est aussi les animaux, pénétrer au cœur de cette jungle c’est aussi l’occasion de les voir, mais ce sera pour un autre voyage.
Nous manquons un peu de temps pour envisager une incursion plus longue car  nous devons être à Cartagena (nord de la Colombie) au plus tard le 27 février. En effet le ferry qui permet de passer de Colombie au Panama ne prend plus les voitures pour le moment (il n’a fonctionné que 2 mois). Nous devons donc mettre la voiture sur un cargo en Roro ou en container et cela prend beaucoup plus de temps.

En route pour Quito on quitte la douceur amazonienne pour retrouver les Andes et les cols à 4000m. Il pleut toujours mais en plus il fait froid et on n’y voit pas à 20m. Il paraît qu’il y a des volcans à voir… nous on ne voit rien sauf les cascades qui devalent à flanc de montagne. Changement majeurs les équatoriens locaux mettent une cape de pluie… enfin ! En basculant sur l’autre versant des Andes climat et paysages changent à nouveau. Plus de forets mais des alpages avec des vaches, une température plus fraîche mais un temps sec.

Cascades de San Rafael
Quiton, on a adoré cette ville
Quito est à 2800m d’altitude au cœur de montagnes verdoyante. Nous sommes surpris de retrouver une ville moderne, cela fait longtemps mais pour l’heure notre premier objectif est de trouver le garage spécialisé en Land rover que le Lion en a repéré un sur internet.  Coup de bol il existe bien et le chameau a donc droit à une révision complète avec changements de toutes les huiles, graissage, et nettoyage en profondeur. Le lion ne le lâche pas et pendant ce temps je pars en taxi à la recherche d’un hôtel. Les 2 me retrouveront en fin de journée dans l’hostal que j’ai fini par trouvé. J’en ai visité 12… finalement trouver une chambre d’hôtel c’est pire qu’un coin de bivouac. Maintenant que le chameau est comme neuf, on a l’esprit libre pour découvrir le centre historique de cette ville qui a vraiment gardé le caché des ville espagnoles, avec des églises a tous les coins de rue, les maisons coloniales colorées, une foule bigarrée et …son téléphérique.  Rien de tel que la marche à pied pour sentir la ville, et après une journée complète de  ballade, on a bien mérité une bière et un peu de repos. Juste le temps nécessaire pour mettre à jour le blog.

Vue du haut du téléphérique... Le Lion a survécu mais pas sans peine,  à la montée

Plaza Gande

L'eglise de la Compagnie de Jésus ( jésuites) à l'intérieur c'est une bonbonnière toute dorée.. un peu trop d'ailleurs

il fait beau et l'ambiance et l'atmosphère vraiment espagnole.
Encore du street art ... magnifique
Pause... 
La douceur de vivre 
Les nuages grignotent le ciel mais jamais très longtemps.
la Basilique inauguré par JPII en 2005. 

Quito by night... ça bouge bien ! Les quitéñons sont des fêtards...


Demain départ pour  « El midad del Mundo »  car l’Equateur passe à 20 km au nord de Quito ce sera notre retour dans l’hémisphère nord. Pas sure que cela nous enchante mais bon…puis on se dirige vers Otavalo où le samedi se déroule le plus grand marché du pays. Ensuite ce sera la frontière et le passage en Colombie. C’est là que je vous retrouverai sans doute.
En attendant, Hasta la vista amigos !

26/01/2015

El condor pasa...



Mancora
Bon alors je vous plante le décors… 30°, un parasol, 2 transats, le bruit du Pacifique, les surfeurs, quelques vendeurs de mangues, de boissons fraîches et de paréos. Nous sommes à Mancora au nord du Pérou et nous savourons une pause avant le passage en Equateur.  Une station balnéaire pleine de vacanciers péruviens et de routards de tous poils venus ici pour surfer, faire la fête et vendre des bracelets brésiliens en poussant la chansonnette dans les restos de bord de plage.
C’est vrai que ce fut un peu silence radio depuis… La Paz je crois. Déjà ??? C’est fou comme le temps vite.  De Lac Titicaca à Mancora un peu plus de 3000 kilomètres et l’impression d’avoir traverser 2 pays différents : les Andes et la zone côtière. Deux univers, deux cultures qui ne se rencontrent pas, et nous ont laissé des sensations très différentes.
Le lac Titi Caca

Traversée du lac Titi Caca en barge

Le Moto Taxi péruvien...tous plus fous les uns que les autres, il y en a partout!

Puno au bord du lac TitiCaca
Le passage de la Bolivie au Pérou s’est fait par Copacabana au bord du mythique Lac Titicaca. Un lac qui ressemble à une mer dont ne voit pas les limites, 2/3 appartiennent au Pérou et 1/3 à la Bolivie. Chacun revendiquant la plus belle partie du lac. Pour être honnête, en ce qui nous concerne on n’a pas fait la différence. Les paysages sont magnifiques et nous avons fait halte à Copacabana, côté bolivien et à Puno côté péruvien, principalement pour acheter notre assurance auto, obligatoire au Pérou. On a évité la ballade sur les îles flottantes en « cargo » touristique. Tellement touristique que pour une répartition équitable des clients dans les communautés on ne choisit pas son point de chute. C’est l’agence qui répartit les clients … Bref en bon sauvage, direction le Cañon de Colca, où planent les fameux condors. Là commence une longue traversée sur des pistes magnifiques qui oscillent entre 3500 et 5000m. En fait on se fait le Mont Blanc plusieurs fois par jours et la neige n’est jamais loin. Parfois même elle nous rattrape obligeant le Lion à redoubler de prudence pour que le chameau ne glisse pas. Quand au Cañon c’est l’un des plus profond au monde couvert de cultures en terrasse et de villages très « hispanisants » avec Plaza des Armas et Eglise blanche de style colonial. L’avantage d’être autonome c’est que l’on n’est pas obligé de s’arrêter  aux mêmes miradors que les minibus et que passé une certaine heure plus personne… nous serons même les seuls occupants de l’hôtel et donc les seuls à profiter des sources chaudes. Trop bon.





 
 




L’étape suivante de notre programme c’est Cuzco et le Machu Picchu et là… grand moment de solitude quand je découvre que ce n’est pas si simple. Tout d’abord, il y a un cota de 2500 visiteurs par jour afin d’éviter la dégradation du site. 2500… l’idée de me retrouver au milieu de tout ce monde m’effraie d’avance. Du coup, première étape, il faut réserver son billet à l’avance et l’acheter au Ministère de la Culture à Cuzo … ou sur internet, quand le site fonctionne (pas de chance, impossible de faire la transaction) car sur place pas possible. Grrr… Deuxième étape, accéder au site… en train et en bus. Et oui impossible de s’y rendre en 4x4, pas de piste  pour aller à Agua Caliente! Et comme les péruviens savent tirer partie de la poule aux œufs d’or, le train du Machu Picchu est une attraction à lui tout seul, encore faut il avoir des places. Et enfin quand vous avez fait le tour de Cusco pour avoir tout ça, il faut savoir ce qu’on fait de la voiture… Résultat on partira de Ollataytamba, à 7h du matin, 1h40 de train, puis 30mn de bus. Retour à 19h avec même scénario et comme on a du bol, on dormira sur le parking de la compagnie ferroviaire avant et après. Pour le côté improvisation, on oublie et quand je voie la foule en arrivant je prends peur. Mais finalement le site est tellement grand et majestueux que l’on oublie vite tous ces désagréments. Sauf la pluie… mais là encore ce n’est que passager et le ciel se découvre comme tous les jours en fin de matinée. Je comprends mieux pourquoi les vendeuses de bonnets et ponchos péruviens de la gare vendaient aussi des capes de pluie.  Le site en lui même est juste incroyable. Perché sur la montagne, inaccessible, cette cité a rassemblé jusqu'à 1500 habitants, agriculteurs, guerriers, prêtres et notables autour de leur Seigneur sanguinaire. L’occasion pour moi de remettre aussi un peu d’ordre dans la chronologie : les Incas ont régné jusqu’au XV siècle à l’arrivée des espagnols.  Curieusement leur civilisation m’évoque plus l’Egypte Antique que le Moyen Age et la Renaissance. Les guides parlent d’une expérience mystique… ça ce pourrait si ce n’était pas si touristiquement organisé et sans tout ce monde. Mais le jeu en vaux vraiment la chandelle.

Pas super soleil à Cusco mais on s'habitue.
Cusco 

Chaque retsanque a été créée de toute pièce et cultivé de maïs, patates...
Moi je vous le garantie, ça grimpe grave...que des escaliers! 
Quand le soleil apparait...magique

Salines de Maras, en plein milieu des Andes, 4000 bassins !
La suite  de notre périple c’est encore la traversée des Andes avec cols et vallées pour rejoindre Nasca sur la côte et  descendre enfin au niveau de la mer. Ce qui signifie, enfin quitter les pulls et le jean. Quand j‘écrivais en entête de blog que cette parenthèse vagabonde nous mènerait sur les plus belles routes du monde, les routes andines et la Panaméricaine étaient une sorte de point d’orgue. Nous ne sommes pas déçus. Chaque virage est  un émerveillement et autant dire que des virages il y en a dans ces montagnes. Autant que des villages inattendus dans lesquels nous nous arrêtons pour déjeuner. Finalement, plus simple que le pique nique même si question diététique c’est pas le Pérou (oups , mauvais jeu de mots). Pollo frito, chicharon de cerdo, caldo des gallina… tous le menus commencent par une soupe (genre avec du quinoa ou des pates) et tous les plats sont accompagnés de maïs blanc, de riz et de pomme de terre. Avec un peu de chance la boisson c’est du jus de maïs noir (chicha morena) ou du soda, et en dessert une banane. Du robuste je vous dis… ça tient au corps ! Le tout pour une dizaine d’euros pour 2.
On a de la chance de voir ça 
A 4500m petite ville andine comme on les aime 
Truite sauvage et Inka Cola
Des montagnes au désert...
Notre arrivée à Nasca marque la fin de notre périple andin… et le début de la remontée sur le Pacifique. Les lignes de Nasca… je ne sais pas si cela évoque quelque chose pour vous, ce sont ces centaines de lignes et dessins tracés de main d’homme dans le désert.  Certaines figures font plusieurs centaines de mètres de long et d’une grande finesse. Les plus connus étant le colibri, le chien, l’araignée. Quand aux lignes elles ont été tout simplement tracées en nettoyant le sable de ses cailloux et en les marquant de pierres blanches. L’absence de vent de pluie dans la régions ont permis à ces dessins de nous parvenir quasiment intacts. Autant dire  que les interprétations vont bon train, du calendrier astrologique, aux arts divinatoires en passant pas une carte hydrologique. Mais les archéologues sont encore indécis et finalement c’est pas mal que le mystère demeure. Ce qui est sur en revanche c’est que le seul moyen de voir ces œuvres c’est le ciel, alors en route pour l’aéroport afin de trouver le mini coucou qui nous fera voler. Pas très compliqué, une dizaine de compagnies occupent le terrain, toutes proposent le même tour et toutes au même prix: 80$ les 30mn.  Allez hop, en route… avec le cœur bien accroché car le pilote ne se prive pas de nous faire des passages sur l’aile gauche et passage sur l’aile droite pour être sur que l’on voit bien… et aussi assurer son pourboire. Il paraît que les passagers précédents y ont laissé leur petit déjeuner. C’est de bonne guerre et on retourne à la voiture, ravis mais on va attendre un peu avant d’aller déjeuner quand même.

Juste avant le vol...

le colibri...
L'araignée
Paracas...
En route pour Ica, Pisco… des noms de villes qui donnent soif au cœur des vignobles péruviens. Bon pas de précipitation… les vignes sont sur une bande de 5km le long de la mer, toutes recouvertes de grands voilages pour les protéger du soleil brulant. Quand au vin, nous sommes un peu tombé de haut car le Pérou ne produit que du vin sucré. Rouge, rosé ou blanc. Ils appellent cela le bourgogne mais in dirait plus un Rapu corse ou un vin de Namibie pour ceux qui connaissent. Bref rien d’excitant… on va rester à la bière, au Pisco et à l’Inka Cola Un soda au gout de bubble gum qui fait la fierté de tout un peuple car il est plus vendu que le Coca. Pour accompagner notre première céviche (poisson cru mariné au citron accompagné d’oignon rouge , de manioc et de patate douce), rien de plus local.
Au passage nous venons de perdre le capuchon du demi arbre de la roue arrière. Risque de perte de graisse et de casse, donc on rafistole avec un morceau de plastique, du fils de fer et un élastique et … direction Land Rover Lima. Tiens, ça faisait longtemps…  Dans tous les cas on espère arriver à Lima assez tôt dans la journée pour en repartir aussi vite que possible. Les grandes villes avec le chameau ce n’est pas l’idéal ni pour circuler ni pour trouver un hôtel avec un parking. Après une bonne heure entre l’entrée de Lima et la concession Land, pas de surprise… ils n’ont pas la pièce. Mais peuvent la commander pour le lendemain. On est un peu furieux d’autant que Lima étant la capitale avec le seul garage Land du pays on se demande comment  ils vont faire pour tenir le délai. Finalement la réparation tient et on la changera en même temps que la grosse révision en Colombie. Nous voilà repartit sur la Panaméricaine, enfin après avoir encore mis 2 heures pour sortir de la ville. Il faut dire que les péruviens tiennent aussi le pompon de la conduite irresponsable. Aucun n’a jamais du apprendre à conduire mais tous veulent absolument passer, démarrer en premier, doubler (par n’importe quel côté) peut importe les circonstances, le danger, la visibilité. Pas cool du tout, et beaucoup de speed… le Lion gère !
A partir de là la Panaméricaine est un immense ruban d’asphalte noir qui serpente dans le désert le long du Pacifique. Dunes géantes à droite et dunes à gauche, après les montagnes le sable avec de temps en temps des grappes de cases en bambous tressés  ou en bois répartis sur quelques hectares de sable avec à l’entrée « Comunidad Campésina ».  Mystère sur ces « villages » plus ou moins désertés sans eau ni électricité mais il faut savoir que dans les années 70 face à une forte immigration rurale les populations arrivantes se sont vues dotée  de terrain, de plan et de matériaux et à elles de construire leur ville. Seul vrai gros problème de toute cette partie du pays les infrastructures. L’électricité certes mais aussi l’eau potable, livrée en camion citerne et surtout le ramassage des ordures. Pour être claire la zone côtière du pays est une immense poubelle à ciel ouvert. Aux abords des villes ce sont des kilomètres de détritus le long des routes et des rues. Bien souvent la puanteur va avec et nous sommes médusés de voir que les habitants continuent de jeter leur détritus dans la rue sans aucune retenue.  Jusqu’à ce jour les péruviens détiennent la palme du pays poubelle. Dommage… mais nous continuons de remonter en nous  arrêtant aussi loin que possible des agglomérations  et certains villages de pêcheurs méritent le détour. Comme Chancay, ou après avoir évité de peu l’hôtel de passe, nous arrivons dans un hospedaje quasiment vide qui ressemble à un château de Disney Land. Nous y rencontrons Jorge un représentant en farine de poisson chilien qui voyage beaucoup au Pérou et nous donne plein de bons plans.

Communidad campesina...

Et c'est même pas un bidon ville...
no comment on ne s'en lasse pas. 
Il y en a qui ont un sens de la propriété très poussé... c'est mon sable ! 
Pas mal pour se poser en fin de journée !
J'aime les bivouacs comme celui là...

Transport de chèvres...vivantes ! 
Caballito de toros : embarcations traditionnelles individuelles pour la pêche... une sorte de paddle

Huacas de la Luna
Autre découverte la civilisation Moche qui occupa le nord du Pérou du I au VII siècle environs et qui s’est faite laminé par les Incas. Là encore  nous découvrons des Huacas ayant regroupé plusieurs milliers d’habitants avec des pyramides à degrés et des bas reliefs colorés qui laissent pantois. Il y a une quarantaine d’années c’est tout le trésor de la chambre funéraire du seigneur de Sipan qui a été découvert intact. Il été enterré avec sa suite, ses femmes et ses enfants, son chef militaire et son grand prêtre. Et oui il n’emportait pas que son trésor au Paradis mais aussi tous ses proches qui étaient sacrifiés pour le suivre. Aussi  fantastique que le trésor de Toutankhamon… mais moins connu.

Après tant de nourriture intellectuelles il est temps de prendre le soleil ; il paraît que les côtes du Nord du chili sont les seules où il est possible de se baigner car le Courant de Humbolt n’y passe pas.  On veut tester… avant la découverte des forêts équatoriennes. Et voilà comment nous sommes arrivés à Mancora, le Palavas les Flots du Pérou. Un week-end de plage haute en couleurs que nous savourons accompagné de Piña Colada!
Trop bon...
On vient à la plage en famille.... 
Tout y  est même les vendeurs de paréos
on et à Mancora...
A la votre !


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