Notre remontée s'accélère... nous avons en 2
semaines traversé le Panama et le Costa Rica et nous voilà au Nicaragua. En
fait nous avons surtout traversé une enclave américaine. Des plages superbes,
des couchers de soleil à couper le souffle mais en fait nous n'avions pas
vraiment l'impression d'être en Amérique Centrale. Deux pays "sabor
artificial" et totalement investis par les américains. Le bord de mer
n'est qu'une succession de propriétés américaines. B&B, lodges et hôtels au
style "pseudo" local qui proposent cours de yoga, massages zen et
centres de méditations pour occidentaux stressés en mal de retour à la
"Pura vida" mais avec les standards et les prix internationaux quand
même. Nous n'entendions quasiment plus parler espagnol et les "mini mercado"
ont en rayon toute une collection de sauces Heinz et de beurre de cacahuètes.
Surprenant, et un peu frustrant. On a du mal a s'y retrouver et on perd nos
repères après plus de 4 mois dans une Amérique du sud si colorée et si
personnelle. Pas vraiment de villages, pas vraiment de petites villes... alors
tant qu'à faire on essaye de profiter des plages avec leurs grosses vagues
quand elles ne sont pas accessibles seulement à pied par un sentier coincé
entre deux guesthouses. On essaye bien le parc de Corcovado (200km de route
cahotique) sensé être un refuge de biodiversité mais là encore, la nature est
sous cloche et il est impossible d'y aller en voiture. Il faut faire 2 km à
pieds pour rejoindre l'entrée du parc et partir avec un guide pour une
randonnée. Bon dans les anecdotes, il y a cette rencontre avec Claude, le
propiro d’un hotel à Golfito, où nous avons atteris faute d’avoir trouvé un
endroit pour bivouaquer. Il est français, marseillais même et orginaire du
village de Venelles à un jet de pierre de chez maman. Il a créé cet hotel il
y a 30 ans à la suite d’un tours du monde. Il n’a pas voulu rentré et il a
amené là toute sa famille. Le monde est vraiment petit…
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l'hotel de Claude a un air de Marseille... |
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pas mal non ? |
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no comment. |
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on n'est pas gênés par les voisins. |
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il n'y a pas que les plages.... |
Direction San José, la
capitale qui devait faire parti des top 10 d'Amérique Centrale. Enfin ça, c'est
que le lion m'avait vendu, sauf qu'il a confondu San José et Léon (au
Nicaragua)... arrivés sur place on prend un peu peur : des blocs de béton
ordonnés au carré, toutes les maisons sont ceinturées de clôtures de 3m de haut
avec fil de fer barbelé. C'est moche. L'Hostel repéré (parce qu’il a un
parking…) ressemble à Fort Nox avec mur d'enceinte, porte verrouillée avec
lucarne et il faut sonner pour se faire ouvrir. A l'intérieur, une cour
avec une petite piscine, un bar sur le toit et un bonne ambiance. C’est plein
d’américains mais Ouf! La ville de San José nous surprend cependant pour son
dynamisme. Plein de monde en ville, un super concert de reggae dans le parc, ça
bouge, il y a de l'ambiance et la ville regorge d'une jeunesse un peu baba
grunge avec son lot de punks à chiens, de jongleurs de rue, de pseudo rasta. Si
la ville ne laisse pas un souvenir impérissable, elle est sympathique et elle
laisse à penser que le Costa Rica n’est finalement pas le 52ème état
américain.
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les bancs sont un peu haut mais pas mal pour le farniente... |
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ti tata, ta ta, ti tata ta ta... |
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on rencontre des mangas même au Costa Rica... |
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un peu de street art ! |
Mais le Costa Rica c'est aussi la plus grande
réserve de Toucans et de Singes Hurleurs et nous n'avons toujours pas réussis à
en voir la queue d'un. Donc direction les montagnes de Monteverde et ses forêts
humides ( Bosque Nebulose, ça veut tout dire) Je vous raconte pas le
sacrifice... remettre le jean, le sweat shirt et affronter la pluie. Quand je
dis en plus au Lion qu'il serait bien que l'on se lève a 6h pour avoir une
chance de voir les animaux...l'enthousiasme est à son comble. On n'a pas été
déçus 4 heures de ballades sous la pluie et pas la moindre trace de vie
animale. Grrr... et encore plus grrrr quand sur la route du retour vers la mer
(faut pas exagérer les montagnes et la pluie pour 24h c'est largement
suffisant), on tombe sur toute une famille de singes tranquillement installée
dans un arbre au soleil au bord de la route. Evidemment, les petits malins
préfèrent se la couler douce plutôt que de se les cailler dans la jungle
pluvieuse. Le lion, qui, s'il ne parle pas espagnol maitrise le langage singe à
la perfection fait la conversation pendant un bon quart d'heure.
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vou avez dit foret humide ? |
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au moins le poncho aura servi. |
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nos amis les singes... |
Enfin on retrouve la plage et on arrive à échapper
à American Land pour 48h sur une sorte de pointe sableuse près du village de
pécheurs de San Juanillo qui faute de profiter de la manne touristique vivote
tranquillement. Et comme on se fait vite à a ce ryhtme, on y reste 48h le temps
de bien voir la marée monter et descendre. Eh, on est consciencieux, on observe
les vagues longtemps, longtemps… jusqu’à ce que la batterie du frigo nous dise
qu’il serait temps de repartir si on ne veut pas boire les bières chaudes. Mais
c'est l'occasion de tenter la 2ème réparation de la douchette pourtant neuve
mais d'une qualité chinoise, comme dirait quelqu’un de familier. Mac Gyver fait
ce qu'il faut mais il nous faudra sans doute trouver une "ferreteria"
pour fiabiliser la réparation. Ce sera chose faite en allant sur la
frontière où nous tombons sur un "Do it » digne de Castorama
(finalement ca sert les constructions américaines). Et hop on répare sur le
parking, ce qui nous permet de faire 3 aller/retour dans la boutique pour
trouver enfin la bonne pièce, à la bonne taille.
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le lion en plein travail....de lion |
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Mac Gyver à l'oeuvre... |
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le Casto américain local... avec la copie du StarBuck |
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les volcans du Lac ... |
A la frontière pas de problèmes mais les procédures
sont longues... faut juste pas perdre patience et remplir 25 formulaires qui
sont tous consciencieusement retranscrits sur informatique, payer les taxes de
sortie, d’entrée, de la municipalité… et j’en passe. 3 heures plus tard nous
voilà en route vers les Rivas point de traversée ver l'île Ometepe au mileu du
Lac Nicaragua. C'est un lac immense, plus de 8000km2 qui ressemble à une mer
intérieure. Au milieu de l'île 2 magnifiques volcans éteints. C'est un paysage
enchanteur, calme avec une nature encore largement préservée mais il va falloir
faire vite pour en profiter car les travaux de percement du Canal du Nicaragua
on commencé. Il reliera les 2 Océans et fera une concurrence directe au canal
de Panama car il pourra laisse passer des bateaux de plus gros tonnages comme
les super tankers. C'est, comme vous pouvez vous en douter, un projet chinois,
qui mettent ainsi la main sur une manne économique sans pareille. Je vous fais
grâce du désastre écologique et humain, mais il parait que c'est le progrès. En
tout cas sur Ometepé on coule encore des jours heureux et meme si le tourisme
est ici encore largement américain les nicaraguayens restent chez eux. Bon je
vous le dis tout de suite avant que nous ne posiez la question, non nous
n'avons pas fait l’ascension des volcans. Ils sont très beaux vus d'en bas et nous
préférons qu'ils gardent leur mystère.
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on dirait pas les school bus américains ? |
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pour nous amarrer le matelot se jette à l'eau |
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Ile d'Ometepe |
Comme d'habitude nous retournons vers la côte
Pacifique pour gouter les joies de la plage, des vagues et des couchers
de soleil. Surtout que les plages du Nicaragua sont encore assez sauvages et il
n'est pas difficile de se poser sur le sable. Depuis que nous avons passé la
frontière on retrouve un goût d'authenticité. Les villages vivent avec des
"vrais morceaux de gens dedans", les comedores proposent autre chose que
de la pizza et du hamburger, c’est à dire du poulet du riz et des haricots
rouges. Les maisons des centres coloniaux sont colorées et n'abritent pas que
des hôtels. Granada est une petite ville superbe où nous avons pu dormir sur le
parking de la Croix Rouge avec douche et toilette pour la modique somme de 5$.
Marchés animés, ambiance festive et à nouveau plein de musique qui sort des
échoppes et dans la rue. Ce qui ne gâche rien, une ferreteria magnifiquement
achalandée pour la 3ème réparation de la douchette, qui n'en finit pas de
lâcher. C’est pas un blague… faute de trouver exactement la pièce manquante
l’employé nous bricole un montage avec des réducteurs plastiques un bout de
tube PVC électrique et un raccord de plomberie lourde. Il colle le tout et hop
remet le pot de colle en rayon. On repart avec un magnifique montage qui finit
par donner à la douchette des allures de pipe line.
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encore un petit lac... à coté de Cartagena |
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Cartagena |
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retour à la ville coloniale |
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notre couchette version... finale ! |
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Leon |
Un jet de pierre et nous voilà à Leon, berceau de
la révolution sandiniste, et véritable coeur battant du pays. Christian m’emmène
visiter le musée de la révolution. Le haut lieu historique, totalement décrépi
avec ses impacts de balles et ses photos noirs et blanc qui témoignent de la
violence de l'histoire de ces pays. C'est vraiment étrange d'imaginer que cette
Révolution était encore vivante en 1979. Ici l’histoire est faite de coups
d’état, d’assassinats, de répression, de prises d’otages, de corruption… et ce
n’est qu’avec la réélection de Daniel Ortega en 2011que le pays connait une
stabilité. Le pays est encore loin d’être sorti d’affaire et la crise du
Venezuela n’arrange rien car Hugo Chavez avait pas mal contribué financièrement
à l’aide du Nicaragua.
En tout cas le Nicaragua est un pays attachant qui
mériterait un séjour largement plus long, notamment pour explorer les 2 régions
autonomes sur la côte Caraïbes, là où ils parlent anglais et regrettent presque
l’Empire britannique, tant ils ne se sentent aucun lien avec l’héritage
hispanisant de la façade ouest du pays.
Mais ce sera pour un autre voyage car nous n’avons pas 3 ans devant
nous…et bien d’autres découvertes, d’autres rencontres nous attendent encore au
Honduras, El Salvador ou Guatemala.
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Musée de la Révolution ... le coca en cocktail molotov... j'adore. |
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on s'y croirait ! |
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une pharmacie.... |
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Après l'effort le réconfort... a bientôt !
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